Timo Grossenbacher, membre du Comité, nominé pour le Swiss Press Award

Timo Grossenbacher de Tamedia et Felix Michel de SRF ont été nominés pour le Swiss Press Award pour leurs recherches sur la reconnaissance faciale sur internet.

Il est si facile de mettre au point un système de surveillance: Timo Grossenbacher, chef de projet pour le journalisme automatisé chez Tamedia et membre du Comité d’investigativ.ch, et Felix Michel, journaliste de données chez SRF, ont montré dans une expérience à quel point la reconnaissance faciale sur internet fonctionne de manière simple.

Pour ce faire, ils ont téléchargé les portraits de toutes les candidates et tous les candidats aux élections fédérales de 2019 sur smartvote.ch (avec le nom, le canton et le parti) et effectué une reconnaissance faciale à partir d’images publiques du réseau social Instagram, en utilisant une technologie en libre accès sur Internet.

Résultat: des centaines de personnes ont pu être identifiées sur les images. Même des visages mal éclairés ou ne faisant pas face à l’objectif ont pu être attribués de façon fiable. Les photos montrent par exemple des politiciennes et politiciens buvant de la bière à la Street Parade ou manifestant lors de la grève des femmes. (Lien vers l’article)

Le problème réside dans la violation de la vie privée et le risque d’erreur d’identification, explique Timo Grossenbacher: «La reconnaissance faciale n’est rien d’autre que l’application de statistiques à des images. Elle est toujours dans la probabilité, jamais dans la sûreté». Il reste par ailleurs selon lui techniquement beaucoup trop facile de détourner de manière illicite des quantités massives de données des réseaux sociaux. SRF Data a définitivement supprimé la totalité des données collectées après l’expérience.

Nomination au Swiss Press Award

Cet article de Timo Grossenbacher et Felix Michel a été nominé pour le Swiss Press Award 2021 dans la catégorie «online». Les prix pour les catégories texte, online, audio, vidéo et local seront décernés le 28 avril. La cérémonie sera diffusée en direct à 18h depuis le studio du Palais fédéral sur http://www.swisspressaward.ch. Les lauréats recevront chacun 15’000 CHF.

Débat-rencontre sur les pesticides

Jeudi, 22.4.2021, à 20 heures, sur Zoom

La qualité des vins suisses a énormément progressé ces dernières décennies, presque tout le monde s’accorde pour le dire. La journaliste Marie Parvex (Le Nouvelliste) a cependant montré, à l’occasion de plusieurs enquêtes sur le terrain, que son canton, le Valais, n’était pas toujours à la pointe en ce qui concerne la protection de l’environnement. Malgré des avertissements sur l’absence de distances de sécurité entre les biotopes et l’épandage pour les vignes datant de 2011 déjà, le canton n’a réagi que récemment. Marie Parvex a parlé avec des vignerons, des responsables cantonaux et fédéraux, sur l’état de la législation suisse, la comparant avec ce qui se fait en France. Mais elle a aussi effectué le premier sondage suisse auprès de riverains des vignobles sulfatés, dont de nombreux souffrent de pathologies telles qu’asthme, sinusites ou céphalées.

Marie Parvex présentera les coulisses de ses recherches lors d’un débat-rencontre avec les membres d’investigativ.ch. Nous pourrons aussi parler de sa victoire auprès du Tribunal administratif fédéral, qui lui a donné raison contre Swissmedic à propos de rapports d’incidents d’un fabricant de prothèses de hanche, même si l’affaire est désormais pendante au Tribunal fédéral. Les participantes et participants auront la possibilité de poser des questions.

La discussion sera animée par Ariane Gigon, membre du Comité d’investigativ.ch.

Lien pour accéder à la discussion.

Demandes «Whois» à SWITCH

Une recherche journalistique sur internet ne porte ses fruits que si les sources peuvent être contrôlées et vérifiées. Le registre SWITCH, qui répertorie toutes les adresses web se terminant par .ch et .li ainsi que leurs propriétaires, représente à cet égard une importante banque de données. Jusqu’à récemment, une recherche sur l’annuaire public whois suffisait pour trouver ces informations. Mais, depuis le début de l’année, le registre a bloqué l’accès aux noms des personnes.

Raison à cela: la révision de l’Ordonnance sur les domaines internet (ODI), entrée en vigueur le 1er janvier 2021, prévoit que, désormais, seules les personnes pouvant faire «état de manière vraisemblable d’un intérêt légitime prépondérant» ont le droit de consulter les noms des propriétaires de sites internet (Art. 46 al. 3) répertoriés.

Malheureusement pour les journalistes, SWITCH a décidé d’appliquer ce nouvel alinéa de façon très étroite. Un «intérêt légitime prépondérant» n’existe que si quelqu’un a besoin d’un nom dans le cadre d’une procédure judiciaire. Depuis le début de l’année, SWITCH a rejeté toutes les requêtes de journalistes et ont renvoyé ces derniers aux autorités de poursuite judiciaires ou à d’autres organes étatiques.

Fin janvier, investigativ.ch s’est adressée à l’OFCOM pour le prier d’obliger SWITCH d’assouplir son interprétation, dans le respect de l’ODI, pour tenir compte des recherches journalistiques. De nombreuses associations et organisations ont aussi signé cette missive (en allemand).

Après avoir analysé la situation, l’OFCOM a répondu favorablement à notre demande. Selon son directeur Bernard Maissen, la pesée d’intérêts entre la protection des données et la liberté des médias penche du côté de cette dernière.

«Les données personnelles contenues dans la banque de données RDDS (WHOIS) ne relèvent pas de données particulières au sens de la protection des données. Si l’accès à ces données est nécessaire dans le cadre d’une recherche journalistique, l’intérêt légitime prépondérant au sens de l’article 46, al. 3 de l’ODI est donné. Cet intérêt est supérieur à la protection du ou de la propriétaire d’un site internet.»

Bernard Maissen, directeur de l’OFCOM

L’OFCOM partage donc notre optique. Les journalistes doivent avoir accès aux noms des personnes dans le registre whois dans le cadre de leur activité professionnelle. Pour que cela soit possible, l’office est en train d’élaborer, avec SWITCH, un modèle d’accès simplifié pour les journalistes. Un système d’accréditation est à l’étude. La date à partir de laquelle un tel modèle sera prêt n’est pas encore connue.

En attendant, investigativ.ch pries ses membres de déposer chez SWITCH des requêtes d’accès à des noms du registre. Voilà la formule qui peut être utilisée.

L’accès aux données personnelles de votre registre est absolument nécessaire à la réalisation de mon enquête, notamment pour les raisons suivantes: (….) Selon l’OFCOM, un intérêt légitime prépondérant, au sens de l’art. 46, al. 3 de l’ODI, supérieur à la protection de la ou du propriétaire des pages web, est ainsi donné.

Investigativ.ch prendra en outre contact avec SWITCH. L’argumentation de l’OFCOM pose les jalons de ce qu’il faut comprendre par «intérêt légitime prépondérant» et accepte une interprétation nettement plus souple que celle de SWITCH.

Appel

Merci de nous faire part de vos requêtes à SWITCH et des réponses reçues, par courriel (kontakt@nospam-investigativ.ch). Grâce aux expériences que nous pourrons analyser, nous adapterons la formulation type d’une requête et pourrons fournir à nos membres des informations supplémentaires pour que leurs requêtes aboutissent.

Rencontre avec deux journalistes qui ont enquêté sur le scandale du Lac Bleu

Jeudi 18 février 2021, 19 heures, sur Zoom.

Il y a d’abord eu des truites mortes, flottant, ventre à l’air, dans l’eau du lac. Au fur et à mesure de leurs recherches, des journalistes ont découvert qu’une véritable «mafia des déchets» était à l’œuvre dans la région du Blausee (Lac bleu) dans le massif du Lötschberg. Des entreprises ont apparemment, pendant des années, déposé illégalement des déchets nocifs dans la carrière au-dessus du lac, déchets provenant d’excavations de toute la Suisse. Les enquêtes de la «Berner Zeitung», de la cellule d’enquête de Tamedia et de l’émission «Rundschau» de SRF n’ont pas encore tout dévoilé.

Les responsabilités des uns et des autres, y compris des autorités, ne sont pas encore établies. Des plaintes pénales ont été déposées. Qui savait quoi? Qui a fermé les yeux? Depuis septembre 2020, les révélations se poursuivent.

Investigativ.ch a invité deux des journalistes ayant enquêté, Marius Aschwanden (Berner Zeitung) et Georg Humbel (SRF) à présenter leur travail et à répondre à vos questions.

Fiona Endres, membre du Comité d’investigativ.ch, animera la discussion, qui aura lieu en bon allemand. Lien nk pour accéder à la discussion.

Lien pour accéder à la discussion.

« Mener l’enquête »

Gilles Labarthe, membre d’investigativ.ch, vient de publier une étude sur le journalisme d’investigation en Suisse

Quel est le comportement d’une équipe de tournage d’un film d’investigation TV confrontée à des refus d’accès aux sources? Quand et comment prend-elle la décision de recourir à la caméra cachée, à des pratiques «innovantes» ou même, «déloyales»? Quelles sont les principales stratégies et tactiques déployées pour faire face à des fonctionnaires réticents, aux nouvelles contraintes économiques et technologiques, aux risques d’uniformisation des médias? 

A travers une approche socio-ethnographique liant observation participante, entretiens semi-directs et récits de pratiques, ce livre propose d’étudier en détail l’évolution récente des «arts de faire» de l’enquête que les journalistes mobilisent, en tant qu’acteurs sociaux inscrits dans les relations triangulaires entre médias, pouvoirs (politiques, institutionnels, économiques…) et public.

L’auteur montre que les professionnel·le·s de l’investigation journalistique entretiennent une «nécessaire indétermination» autour de leurs pratiques. Ils recourent à des techniques d’enquête implicites, mouvantes et créatives; ceci, à la fois pour remédier aux désavantages d’une position précaire (manque de budget, de moyens…), pour contourner des problèmes d’accès aux informations gouvernementales, pour échapper à des tentatives de prise de contrôle sur leurs activités ou encore, plus récemment, pour déjouer les risques liés à la cybersurveillance.Gilles Labarthe propose de nouveaux éléments de compréhension sur le journalisme d’investigation et ses enjeux actuels, un champ de recherche qui n’avait encore jamais été exploré de manière approfondie en Suisse, sous cet angle. Il apporte aussi de nouvelles notions et des clés de lecture concernant la déontologie et les «fondamentaux» du métier, utiles aux cursus de formation professionnelle.   

Gilles Labarthe a un double parcours de chercheur scientifique et de journaliste indépendant (collaborateur pour La Liberté, Le Courrier, cofondateur de DATAS agence de presse). Auteur de livres et de films documentaires d’enquête, il est docteur en Journalism & Media Studies (Université de Neuchâtel). Il intervient aussi comme chargé de formation.

Le SECO gagne le Sabot d’Or 2020, «spécial corona»

Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) est le lauréat de l’édition 2020 du Sabot d’Or, une édition exclusivement réservée, cette année, à des thèmes liés au coronavirus. Son refus de faire la transparence sur les crédits octroyés à certaines branches de l’économie lui vaut d’avoir été choisi par les membres de l’association investigativ.ch, parmi quatre candidatures. Depuis huit ans, la «récompense» est octroyée à une personne ou une institution qui s’est distinguée pour avoir empêché l’accès à des informations d’intérêt public. En assemblée virtuelle, l’association s’est en outre dotée d’une nouvelle présidence.

Malgré une recommandation très claire du préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT), le SECO a, ces derniers mois, refusé de dire qui avait reçu des crédits corona. L’organisation Greenpeace avait demandé des informations précises sur des montants accordés à quelque 100’000 entreprises pour un montant total de 17 milliards de francs. Mais le SECO a refusé, même sous forme anonymisée. Beaucoup d’éléments de ce crédit historique restent donc toujours cachés au grand public.

Soumis au vote des membres d’investigativ.ch, le SECO a été choisi parmi des candidats très sérieux. Ainsi, Daniel Koch, ancien «Monsieur corona» de Suisse, était également nominé, en raison de ses affirmations pour le moins peu claires sur le masque chirurgical, tout comme l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) en tant que tel, pour ne pas être en mesure de livrer rapidement des chiffres fiables sur la pandémie. Enfin, l’Administration fédérale des douanes (AFD) était aussi nominée, car elle n’a pas voulu fournir les bases légales de sa pratique en matière d’amendes à la frontière.

Pour Georg Humbel, membre du Comité d’investigativ.ch, la «victoire» du SECO a représenté une surprise. Mais cette décision montre bien dans quels domaines les journalistes suisses doivent se battre, explique-t-il. La difficulté d’obtenir des informations, même si elles ne sont pas spectaculaires, est une expérience quotidienne.

Réagissant au choix des membres de l’association, le SECO s’est justifié en disant qu’il n’avait pas disposé des informations demandées au moment de la demande de Greenpeace. «Et même si nous les avions eues, nous n’aurions pas eu le droit de les publier» car elles relèvent du secret d’entreprise. Le SECO a refusé de recevoir le prix.

Ce huitième Sabot d’Or marque par ailleurs le départ de Georg Humbel du Comité d’investigativ.ch. Autre départ: la présidente Serena Tinari a quitté le Comité et la présidence de l’association, après cinq années à cette fonction. Elle continuera à œuvrer investigativ.ch au sein de son Conseil consultatif.

Pour leur succéder, les délégués d’investigativ.ch ont élu Cathrin Caprez, déjà membre du Comité, et le nouveau venu Marc Meschenmoser à une co-présidente. Marc Meschenmoser entrera en fonction l’été prochain. D’ici là, Cathrin Caprez assumera la présidence seule mais elle sera épaulée par l’actuel vice-président Martin Stoll. Le Comité est désormais complet avec l’élection de Timo Grossenbacher.

La remise du Sabot d’Or a eu lieu dans le cadre de la conférence annuelle d’investigativ.ch, qui a eu lieu le 30 octobre au Werkhof de Fribourg, sans public, mais retransmise en direct et consultable en tout temps sur internet. Un débat a été enregistré sur le thème de l’enquête journalistique en temps de pandémie, avec de passionnantes interventions de Lise Bailat, (correspondante parlementaire de 24heures, de la Tribune de Genève et du Matin Dimanche), de Bernhard Odehnal (cellule d’enquête Tamedia), et du journaliste libre Sami Zaïbi, qui a récemment publié sur le site Heidi.news une enquête très remarquée après avoir passé deux mois avec un groupe de complotistes.

Investigativ.ch

Née en 2010, l’association investigativ.ch compte quelque 300 membres. Elle permet aux journalistes d’investigation ou intéressés par l’enquête de se connaître, de collaborer et de partager des techniques et des moyens de surmonter les obstacles survenant dans la pratique du journalisme d’investigation. Elle organise régulièrement des ateliers de travail et des conférences avec des expertes et des experts.

Les nominés pour le Sabot édition spéciale Corona 2020

Daniel Koch

«Mr. Corona» a fait preuve d’un manque certain de transparence dans sa communication sur la question des masques et sur ses activités professionnelles après sa retraite

Certes, Daniel Koch n’a pas menti. Mais il n’a pas dit non plus toute la vérité. Au début de la pandémie, il a systématiquement et consciemment diminué l’utilité des masques chirurgicaux, qui, en réalité, n’étaient pas disponibles en quantités suffisantes. Ce faisant, il a contredit le plan pandémie de son office. Ce plan prévoit en effet que le port du masque réduit «le risque général d’infection». Une stratégie de communication transparente aurait été très différente. Le passage de Daniel Koch de sa fonction de cadre dirigeant au sein de l’Office fédéral de la santé publique à celle d’un entrepreneur indépendant est également resté caché. Au plus fort de la pandémie, il avait même déjà réservé le site internet Danielkoch-consulting.ch. Un mois plus tard, encore payé par la Confédération, il avait plaidé, lors d’une interview télévisée, pour une levée rapide de la limite des 1000 personnes pour les manifestations sportives. Deux semaines plus tard, le club de hockey SC Bern annonçait avoir engagé Daniel Koch en tant que conseiller. L’ancien délégué du CICR a pour le moins également manqué de transparence dans son changement d’orientation professionnelle.

Office fédéral de la santé publique

L’Office fédéral de la santé publique n’a toujours pas réussi à publier en temps réel des données exploitables par ordinateur et fiables

La pandémie a révélé à celles et ceux qui ne le savaient pas encore à quel point les données sont importantes pour lutter contre la crise. Rarement l’intérêt du public pour des chiffres n’avait été si grand, et pas seulement de la part des journalistes, qui dépendaient d’eux pour pouvoir réaliser leurs graphiques et analyses. Dans ce domaine, l’OFSP s’est distingué par sa mauvaise volonté et ses pratiques datant d’un autre temps. A ce jour, il n’a toujours pas réussi, près de dix mois après le début de la pandémie, à publier des données digitalement exploitables, actualisées le plus en temps réel possible, de façon fiable et bien documentée. Au plus fort de la première vague, les données n’étaient disponibles que sous forme de PDF difficiles à utiliser. Enfin, un peu plus tard, les journalistes ont eu droit à des fichiers Excel, dont le format ne cessait toutefois de changer. De nombreux appels des médias et des scientifiques sont restés sans réponse. Des propositions d’aide externe n’ont été suivies d’aucun effet. Cette obstination revient à empêcher le public d’être informé, que cela soit conscient ou non.

Administration fédérale des douanes

L’Administration fédérale des douanes a amendé de nombreuses personnes sans base légale et a refusé de publier le document sur lequel elle basait sa pratique.

Peut-être s’est-elle réjoui, l’Administration fédérale des douanes (AFD), lorsque le Conseil fédéral, en avril, a décidé de fermer la frontière suisse. Ses responsables se sont mis avec ardeur à la tâche. Et ils ont décidé, seuls, d’interdire aux Suissesses et aux Suisses de passer la frontière pour des visites, mettant à l’amende celles et ceux qui contrevenaient à leurs ordres. Base légale supposée: l’ordonnance Covid. Or celle-ci ne fournissait aucune base légale pour une telle atteinte à la liberté individuelle. Les amendes étaient illégales, avaient immédiatement averti de nombreux experts, une critique que l’AFD continue à rejeter. En même temps, elle refuse aussi de publier l’ordre de service envoyé aux gardes-frontières, ordre de service qui sert, selon elle, de base légale aux amendes, arguant qu’il contient des informations sensibles pour la sécurité.  Le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) a aussi critiqué ce manque de transparence. Dans une procédure de conciliation, il a conseillé à l’AFD de publier le document. Mais l’AFD refuse. Il est donc, pour l’heure, impossible de vérifier son travail.

SECO

Le Secrétariat d’Etat à l’économie refuse de dire clairement quelles branches économiques ont profité des crédits de plusieurs milliards octroyés à cause de la pandémie.

C’est une somme gigantesque: les banques suisses ont versé quelque 17 milliards de francs en «crédits corona», avec la garantie de la seule Confédération. L’organisation de défense de l’environnement Greenpeace a voulu savoir si cet argent était aussi allé à des secteurs nuisibles à l’environnement. Elle a donc demandé à pouvoir consulter les données relatives à ces crédits. Refus du SECO, qui a indiqué qu’il ne disposait pas de ces données, gérées par les organisations de cautionnement et, de ce fait, non soumises à la loi sur la transparence. Un argument qui n’a pas convaincu le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) Adrian Lobsiger. Selon lui, le SECO doit publier ces informations. Mais ce dernier a continué à refuser, tout en admettant, finalement, avoir les données en sa possession, pour lutter contre les abus. Pourquoi, alors, refuser de les publier? Le SECO a un nouvel argument: une telle publication représenterait une infraction à la loi sur le secret bancaire. Comme si tout cela n’était pas assez absurde, le même SECO publie sur son site internet, dans la section réservée aux médias, toutes sortes de graphiques se basant sur les données «secrètes»…

Les membres d’investigativ.ch sont en train de voter et le Sabot d’Or sera remis lors de notre Conférence annuelle, le 30 octobre à Fribourg. Vous pouvez y assister à distance en vous annonçant ici.

La conférence

Quelle année 2020 nous traversons! Notre association doit, comme tout le monde, s’adapter en permanence. Prévue en mai, préparée de longue date pour être un grand événement pour les journalistes d’investigation, notre conférence annuelle – intitulée «Enquêter – plus urgent que jamais!» – a d’abord été repoussée, puis redimensionnée. Mais nous ne nous laissons pas abattre: la conférence aura bien lieu, à Fribourg, le 30 octobre. Toutes les discussions seront retransmises en direct grâce à l’équipe Unicam de l’Université de Fribourg. Il est donc possible de les suivre et de participer à distance. Celles et ceux qui veulent faire le déplacement sont bien sûr les bienvenus! La salle est grande, les distances sont possibles, masques et gel désinfectant seront distribués.

PROGRAMME

La conférence commence à 14 heures avec l’annonce des résultats de la consultation électronique pour l’Assemblée générale. Les «urnes» sont ouvertes jusqu’au 28.10.2020 à minuit, n’oubliez pas de voter! (Voilà une nouvelle fois le lien : En cas de problème ou si vous ne retrouvez pas le mot de passe envoyé avec notre dernier message, n’hésitez pas à nous écrire à kontakt@nospam-investigativ.ch).

A 14h20, Nils Hanson, rédacteur en chef de l’émission Mission Investigate de la télévision publique suédoise entre 2003 et 2018, nous expliquera comment bulletproof your story avec sa méthode nommée line-by-line.

Un débat suivra à 15h40. Son thème: la recherche journalistique au temps du corona. Nos invitées et invités: Lise Bailat, correspondante au Palais fédéral de 24 Heures, de la Tribune de Genève und du Matin Dimanche, a suivi et continue à suivre les innombrables conférences de presse des autorités politiques et sanitaires suisses; Bernhard Odehnal, de la cellule «Enquête» de Tamedia et, à ce titre, co-auteur du livre «La première vague»  et le journaliste Sami Zaïbi, dont le travail infiltré chez les partisans de théories du complot a abouti à des articles très remarqués sur Heidi.news, seront également présents. Le débat se déroule en allemand et en français et sera animé par Ariane Gigon, membre du comité d’investigativ.ch.

Le Sabot d’Or 2020 ne manquera pas à l’appel et revêtira cette année une forme spéciale… liée au virus. Il sera remis aux alentours de 16h40. Vous recevrez prochainement un mail avec toutes les informations sur la manière de voter pour départager les candidates et candidats.

INSCRIPTION

Comme expliqué plus haut, il est possible de participer à la conférence de deux manières: soit à Fribourg même, au Werkhof, une grande salle permettant de respecter les distances entre les personnes, avec masque, soit en ligne. Celles et ceux qui souhaitent venir à Fribourg sont encouragées à s’inscrire rapidement. Nous devrons décliner des inscriptions s’il y a trop de monde.

Merci de nous dire, au moyen de ce formulaire, jusqu’au dimanche 25 octobre si vous serez physiquement à Fribourg ou si vous souhaitez recevoir un lien pour suivre les discussions en ligne.

Elections et votations

Tous les documents de l’Assemblée générale sont disponibles ici. Pour participer à l’élection et à la votation, tu dois te connecter au moyen du mot de passe reçu par mail. Les élections et les votations sont ouvertes jusqu’au 28.10.2020 à minuit.