La Russie classe Reporters sans frontières comme «organisation indésirable»
investigativ.ch condamne l’attaque de la Russie contre Reporters sans frontières. Les organisations médiatiques apportent une contribution essentielle au journalisme et à la liberté de la presse. Affaiblir les organisations médiatiques revient à attaquer la culture démocratique dans son ensemble.
Le ministère russe de la Justice a annoncé le 14 août avoir inscrit l’organisation des médias Reporters sans frontières (RSF) sur la liste des «organisations indésirables» qui regroupe les entités étrangères accusées par le Kremlin de constituer une «menace pour la Russie». Il indique que cette décision a été prise par la justice russe le 23 juillet. RSF, qui ne dispose pourtant d’aucune présence sur le territoire russe, n’en a jamais été informé.
Cette mesure vise à réduire au silence les voix indépendantes et à restreindre la liberté de la presse, déclare Denis Masmejan, secrétaire général de RSF Suisse: «Nous continuerons à enquêter et à dénoncer la guerre contre l’information qu’il livre et à œuvrer pour que chaque responsable russe de crimes contre les journalistes, en Russie comme en Ukraine, soit identifié et jugé.»
Le réseau d’enquête investigativ.ch condamne avec la plus grande fermeté la décision russe. Une attaque contre une organisation médiatique n’est pas seulement un coup porté à une institution, mais constitue une menace sérieuse pour un paysage médiatique déjà fortement sous pression, selon la directrice Eva Hirschi.
«Les organisations de médias apportent une contribution essentielle au renforcement du journalisme indépendant et à la liberté de la presse, ainsi qu’à la diversité médiatique et garantissent la qualité des productions journalistiques. Affaiblir les organisations journalistiques porte atteinte à la culture démocratique dans son ensemble», poursuit Eva Hirschi.
Selon Reporters sans frontières, cette décision n’est pas sans conséquences: «Toutes les personnes qui coopèrent avec les «organisations étrangères» ou contribuent à son financement en Russie sont passibles de poursuites administratives et d’amendes. En cas de récidive, les poursuites peuvent être pénales et passibles de peines allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. La moindre référence à une telle organisation ou la republication d’informations provenant de l’une d’elles suffisent à déclencher ces poursuites.»
